Nicolas Simarik

Le site du 104 présente N. Simarik comme "un artiste contemporain qui cherche ses solutions hors de l’art".
Ça tombe bien, je me demandais lors de sa rencontre si il n'allait pas chercher ses idées dans la satire (quoi que la satire, c'est de l'art ?).
Lorsqu'il a présenté son catalogue de la Déroute j'ai presque pensé qu'il tombait dans la parodie. C'est la 1ere chose qui m'est venu en tête. "Oh quel jeu de mot, et puis ils vont jusqu'à imiter les poses des mannequins... amusant." . Cela me dérangeait un peu, mais son discours a développé une facette moins comique et plus explicite que son "oeuvre".
Un catalogue détourné dans le fond mais pas dans la forme, des modèles qui ne mentent pas puisqu'ils sont dans leur milieu, posants avec leur vêtements et leurs proches. Justement, où sont ils ? Dans des HLM de Toulouse où ils ne sont probablement pas visé par les commerciaux de la Redoute.
N. Simarik disait que son but n'était pas de connaitre ces gens, bien que ca lui fasse plaisir qu'on le reconnaisse.
Pourtant, son travail, c'est un genre de reconnaissance vis à vis de ces personnes. Il ne veut pas créer de liens amicaux mais il veut qu'on les voit, comme le mannequin qui présente la robe phare de la collection printemps/été 2009 de la page 127.
Je pense qu'il ne veut pas être influencé dans son travail par leurs histoires et leurs passés (à moins qu'il s'en fiche véritablement... ce qui n'est pas un reproche), ils sont les echantillons d'une part importante de la population qu'il veut mettre en avant.
Au fur et à mesure qu'il nous expliquait ses démarches, j'ai presque ressenti une admiration pour son travail. Non pas que ça fasse parti de mes goûts, mais j'ai trouvé son sens du relationnel et son audace assez incroyable. Il ose tout, il a confiance, il sait où il va et les portes s'ouvrent à lui.
Ce qui ressort de son travail est autant la démarche que le rendu final (par exemple dans son faux Métro, alias Boulot). Il avait d'ailleurs précisé que si il n'exposait pas c'est parcequ'il ne créait pas de matière. C'est d'ailleurs dommage qu'il ne filme pas sous forme de performances, et qu'après le Métro, il s'en prenne au JT de Laurence Ferrari (enfin, ca reste une idée pour illustrer).
Quoi qu'il en soit, il reste proche de ses sujets, il a besoin d'eux puisqu'ils constituent son oeuvre. Comme l'a indiqué Virginie ici, il est plus dans la veine de l'art participatif.
Il a dit qu'il travaillait pour des villes (entre autre), j'ai l'impression qu'il ne veut pas être impliqué personnellement mais qu'il agit plus comme un médiateur qui a pour arme l'art.
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