Jin-me Yoon - Passages Through Phantasmagoria Video works: Seoul, Korea and Beppu, Japan

Jin-Me Yoon est une artiste coréenne reconnue au Canada. C'est d'ailleurs au centre culturel du Canada que je suis allé voir sa dernière exposition Passages Through Phantasmagoria.
Photographe et vidéaste son travail s'articule autour des questions de l'individu, aux conditions d'intégration et tout ce qui s'en suit concernant la société.
Elle explique "Je constate que ce qui semble être des récits personnels correspond en fait à d'importantes considérations sociales et historiques. Dans cette optique, ce que je choisis de raconter ne porte plus sur moi en tant qu'individu isolé."
Arrivée au centre culturel, l'exposition se trouve a l'étage, on tourne à droite et on entre soudainement dans une pièce sombre. La 1ere chose que l'on voit est une télévision posée au sol. Je ne suis pas grande mais pour mieux voir, je me baisse. Une personne parcourt une rue (visiblement d'un pays asiatique) en rampant (on s'aperçoit qu'elle à un skateboard sous le ventre et se déplace en poussant avec ses pieds - elle doit avoir de sacré cuisses). Je me lève, autour de moi, d'autre télévisions montrent son périple à travers des rues ou chemins.
Ces performances sont réalisées par l'artiste elle-même. On a très vite fait le tour du propriétaire, deux pièces, 5 ou 6 écrans et c'est tout. Un peu surprise, je continue à regarder ses parcours.

J-M Yoon, habillée de la tête au pied en noir, traverse dans une tenue des plus neutres son pays d'origine. Ramper c'est être soumis, ou plutôt être dans une position de faiblesse. Une situation d'endurance inconfortable où elle aperçoit sa ville du bas, un point de vue écrasant.
Entre les immeubles et la foule, l'oppression se ressent dans la vidéo: "En Asie, Jin-me Yoon est une étrangère cherchant à se frayer un chemin dans sa culture ancestrale, mais sans abdiquer sur un regard critique qu'elle pose, avec prudence, d'en bas. L'artiste utilise une variété de références populaires et de références à l'histoire de l'art pour explorer comment les représentations que véhicule son corps fonctionnent dans un contexte tendu traversé par de complexes enjeux politiques et sociaux."
Ce que j'ai trouvé interessant est que son message se transmet dans ses vidéos mais aussi dans leur présentation.
Les télévisions posées au sol ou la vidéo projetée à l'envers nous force à faire des contorsions pour observer son travail. On se plie comme elle rampe plutôt que d'assimiler son message confortablement.
Exposition jusqu'au 6 mars 2009 au Centre Culturel Canadien, 5 rue de Constantine, 75003 Paris. Métro/RER Invalides.
Ouverture du lundi au vendredi de 10h à 18h.
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