Rock, Glam, Bang et Folk - Les révolutions du Palais de Tokyo

Publié le par ect-art

Une carte blanche au Folk, Rock, Glam et l’Avant-garde Sonore Russe sous les noms de Jeremy Deller, Ed Hall, Alan Kane, Scott King, Matt Price, William Scott, Andrei Smirnov, Marc Touché et White Columns.

 

 

Tout de suite on voit une particularité dans la disposition de cette expo: la culture folk, dite populaire, et les banderoles de manifestation dans les lieux non-dits de l’Angleterre, Ecosse et Irlande remplissent le hall de l’entrée et la grande salle, les axes pour qu’on voie ensuite ce qu’il y a de révolutionnaire dans Paris et Moscou occupantes des salons périphériques. Une incite l’autre ou l’envers?  De toute façon, c’est impressionnante la place occupé pour ces manifestations dispersés mais réunies aux efforts de voyage dans une inspiration de show de variétés, exotisme et parodie (je parle bien du concours de grimaces, les tenues des lutteurs de Westmoreland brodées de motifs joyaux et florales, en lien avec la nature, par exemple).








Des allégories qui ont fait et font encore une position de résistance au travail lourd, industriel et quotidien. A l’époque que chaque usine avait sa fanfare, cette sorte de divertissement populaire à la pain et cirque, les ouvriers l’ont pu conduire vers une occupation, ce que a été fait pour éviter le alcoolisme s’est vite intégré aux mouvements syndicaux… La acid house, bien comme les raves, fêtes populaires dans les années 80, 90 et encore aujourd’hui (mais en ayant quitté ces lieux), des phénomènes qui ont pris de l’ampleur surtout dans les régions post-industrielles, des usines désaffectées. Un patrimoine industriel, qui associe cette ambiance à sa musique, bien que le départ soit chez les Russes dans leurs avant-gardes sonores.

 

Ce comportement se repend dans les images de groupe, notamment un absurde proximité entre les photos de grévistes en action et celle de la « Mêlée autour de la Hood ». On y voit bien : soit comme sorte de libération d’énergie, dans un acte gréviste ou dans le sport local, la violence et le grotesque y sont très présents : à savoir ce que reste de révolutionnaire dans les festins d’aujourd’hui.

 

 















 

Dans ce contexte d’appropriation, les avant-gardes sonores futuristes russes y ont vu une forme de s’y intégrer tout en s’expriment avec les moyens mécaniques de l’époque. Contaminés par la force de transformation que leur société prenait pour quitter les mentalités tsaristes, les artistes, chercheurs et développeurs voyaient l’accélération et une grande préoccupation à participer et sentir cette nouvelle société.

Les expérimentations visuelles et/ou sonores. Le son graphique :

Des points lumineux qui défilent verticalement sont entre l’avant-gardisme cinématographique et sonore de synthèse. Ce défilement nous rappelle la route avec des voitures pendant la nuit, l’agitation de la modernité, tandis qu’on y voit aussi des rectangles stagnés… Ces formes agités, peu réfléchies, dans son apparence, ont beaucoup de mathématique et calcul formel, notamment dans les études de formes du son, de l’oscillation et de la fréquence, en accélérant et en montant l’escale : le bruit se transforme en son que se transforme en timbre et ainsi de suite. Décomposition et recomposition d’une musique artificielle, comprendre sa nature oscillatoire et périodique, c’est la produire. (« New Music Area »)

 

Dans ce que pourrait être un début de la clip vidéo, Mikhail Tsekhonovsky dans son « Pacific 231 » utilise l’imagerie de la machine pour illustrer sa composition d’ambiance. Une nouvelle organisation rythmique et orchestrale, car plusieurs instruments s’interposent tout en gardant leur indépendances.

Il y a quelque chose de très analogue au cinéma dans ce faire de la musique. Par sa lecture en bande (du papier coupé à la main), l’appareil lit ces formes géométriques.

 

Faire de la musique avec ce qu’il y a de plus immédiat dans leur sens, ces instruments de travail font aussi de l’expression artistique dans une collectivité conduite par Arseny Avraamov avec ses interprètes dans « La Symphonie des Sirènes »

 



Dans un autre axe de l’exposition, on voit une présence marquante de l’histoire du Golf Druot, dans sa splendeur. Une accumulation d’affiches, des découpes des journaux et des photos raconte la révolution du yé-yé. Ce bar dans le quartier homonyme avait racheté une juke-box qui l’a sauvé de la faillite.

 

Show de variétés, une prélude à la MTV et/ou aux vidéoclips, tout y est. La musique et la danse hawaïenne sont présentés avec cette petite notion exotique, typiquement américaine, dans leur trip de vacances. La révolution du rock vient avec la révolution de la jeunesse, comme bien illustre une série de films (Easy Rider, de ) Je voulais citer Hairspray comme le film le plus proche à ce contexte là. C'est-à-dire que ce programme pour la jeunesse a le fun du moment : ils discutent des sujets sommaires comme le sexe, les sorties, la musique, la drague, etc… Ils ont des invités (la denseuse hawaïenne et un indien qui fait une démonstration de yoga)  très hétéroclites, mais sans oublier sur quoi ce programme est basé : la musique, le rock e la danse.

Lancé par la France en 1958, le rock yé-yé lui est particulièrement très abouti avec Gainsbourg. Depuis l’émission « Salut les copains », créée par Lucien Morisse, et le magazine homonyme lancée en 1962, ont défendu un style nouveau. Le film à John Waters nous illustre cet ambiance : un désir de vivre joyeusement, sans se soucier de l’école, des parents, tout en combattant le racisme encore très répandu.

 



Daniel Varotto

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