Artiste et sa patrie

Publié le par ect-art

 

 

A mon avis, la vie d'un artiste peut se faire d'une séquences de trahisons. Là je reprends Kundera, qui, en parlant de Sabina, l'artiste dans son livre "l'insoutenable légèreté de l'être" fait la suivante conclusion, en gros:

Quand on a trahit A pour B, ça veut pas dire que trahir B signifie réconcilier avec A. Une nouvelle trahison suppose des nouvelles propositions dans la vie: Sabina a trahit son père pour son copain, ensuite elle l'a quitté pour son art (puisque c'était un comédien de deuxième catégorie), puis elle a trahit sa révolte, fatiguée de l'animosité dans les réunions d'immigrants tchèques réfugiés que ne cessaient pas de dire que fallait faire quelque chose toujours en faisant rien; à trahir aussi ses préjugés avec l'Amérique, où elle finit sa vie.

Et finalement elle trahit soi-même, à vivre dans une petite maison de campagne, avec des voisins agréables, beaucoup plus âgées qui lui donnaient toute leur attention comme une petite fille, et bien elle projetait sur eux justement cet idéal kitsch des grands-parents qu'elle a jamais vécu, de sécurité, des repas dans des horaires fixes, sur une table en bois et un nappe rouge à carreaux...

Une deuxième question à se poser c'est la définition du kitsch. La transition entre l'être et l'oubli. Le kitsch agit sur les masses, il captive tous les groupes, il veut nous rendre unanimes, collectives. Le communisme opère uniquement sur l'esthétique autoritaire du cœur. Il y a deux larmes qui coulent dans le kitsch. La première veut dire: "Comment c'est beau tout cela" , la deuxième signifie, par la suite, " Comment c'est beau qu'on soit tous enveloppés par ce sentiment univoque". Et c'est la deuxième larme que constitue le kitsch.

 

Trahir veut dire vivre dans sa réalité et dire non aux "Es Muss Ein" (Il le faut) austèrement prononcé par la société, par la loi, et par Beethoven...

 

Se retrouver de plus en plus éloignée de l'idéal de l'artiste dans lequel son père a voulu la garder... De plus en plus éloignée de A, une liberté sadique, que se dissipe car y a pas de point d'arrivée.


Daniel

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