César, Anthologie par Jean Nouvel

Publié le par ect-art

L'exposition sur César a eu lieu à la Fondation Cartier, du 8 juillet au 26 octobre 2008. La scénographie fût réalisée par l'architecte Jean Nouvel, qui a lui même construit la Fondation, et qui fût l'ami de César. Nous pouvons y voir le bestiaire en fer, les compressions, les empreintes humaines et les expansions.

César, dans sa démarche, soulève de façon évidente, la problématique des outils archaïques. Etant sculpteur, de formation classique, il s'interroge sur les modes de fabrications traditionnels, sur le savoir-faire, sur la définition d'une oeuvre d'art à travers sa réalisation et sur l'importance même de l'idée de l'oeuvre, principe fondamental de l'art contemporain.
La rétrospective de son oeuvre me donne l'impression, qu'il est partagé entre, premièrement, des techniques, des matières, et des représentations classiques et ancestrales, et deuxièmement, une volonté de s'approprier les nouvelles technologies de fabrication, d'utiliser des matériaux novateurs ou des objets ready-made, et de donner ainsi, une nouvelle représentation du réel. Il joue alors, un rôle très important dans l'art contemporain.

Cela donne naissance aux réflexions suivantes: Faut-il tout d'abord maîtriser une technique archaïque, pour prétendre développer de nouveaux savoir-faire? Faut-il passer par un apprentissage académique, pour prétendre créer des oeuvres d'art contemporain?
Pour ma part, ce n'est pas nécessaire, mais peut être un atout dans la création contemporaine, à condition d'aller plus loin!

César a su conserver et mettre en valeur ses qualités de sculpteur artisanal, et a su également mettre à profit ses connaissances et ses idées dans le développement de nouvelles formes de sculptures.

Avec ses empreintes humaines en marbre et bronze, il colle parfaitement aux représentations classiques. Cependant, il s'en détache, avec l'agrandissement pantographique, qui modifie l'échelle, et avec l'utilisation de nouveaux matériaux, tels que la résine et la mousse de polyuréthane.

    

Avec ses compressions, il remet en question le rôle de la main de l'homme dans la réalisation d'une oeuvre d'art, visant ainsi à la rendre contemporaine, en lui permettant d'être réalisée de façon industrielle. Il choisit d'utiliser des voitures, objets ready-made, et de les compresser. Tout en contrôlant le résultat, ce ne sont plus ses mains qui sculptent, mais les machines. Cela est une révolution dans l'histoire de la sculpture, et marque ainsi son ère nouvelle. La conception de l'oeuvre d'art change, l'idée tient une place essentielle.





Avec ses expansions, il utilise un matériau novateur, et se laisse guider par celui-ci, tout en gardant toujours une maîtrise sur le résultat final. Il donne l'impression de formes aléatoires, dues simplement aux coulées de mousse de polyuréthane, mais chaque volume est calculé de façon précise, par l'oeil expert du sculpteur.



                                                                                   Aude
 
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